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Marée noire : esthétisme de fin du monde

juin 12, 2010

Un jour BP a réussi à boucher la fuite, le temps de calmer l’opinion populaire américaine, un autre le pétrole s’écoule plus densément encore dans l’océan. Les annonces sont sans cesse contradictoires et malheureusement la réalité de l’écosystème ne tient pas compte des stratégies de communication propres à la démocratie américaine.

En effet la nature est en train de payer le prix fort, selon des informations approximatives, plus de 600 oiseaux auraient été ramassés depuis le début de la marée noire. De plus, les autorités indiquent que le nombre de morts chez les dauphins et les tortues est en constante augmentation. Les chiffres de mortalité des espèces sont totalement invérifiables comme le précisent de nombreux vétérinaires américains qui craignent une catastrophe écologique d’une ampleur inégalée et essaient tant bien que mal de sauver les survivants qui s’échouent sur les plages.

Les photographies de Charlie Riedel confirment l’étendue du désastre. Un désastre qui aurait d’ailleurs pu être évité si tant est que le groupe anglais BP ait investi un peu de ces milliards de dividendes dans la sécurité des forages. Le photographe américain a cherché à montrer toute l’horreur d’une nature mise à sac par l’être humain, trop occupé à augmenter ses bénéfices.

La destruction de l’environnement dans lequel les générations futures seront censées se développer n’est pas assez digne d’intérêts immédiats pour que le grand capitalisme s’en préoccupe. Mais plus grave encore s’il en est, cette catastrophe reflète une fois de plus l’abandon des Etats devant les puissances industrielles. Même si les intérêts privés ont encore de beaux jours devant eux, ces oiseaux mazoutés pourraient bien annoncer une ère aux allures apocalyptiques.

Le groupe anglais BP a acheté des mots clefs sur les moteurs de recherche Yahoo et Google afin que les internautes tapant « oil spill » (marée noire) soient immédiatement redirigés vers le site officiel de la compagnie où des informations lénifiantes sont disponibles.

Ainsi l’internaute américain qui cherche à en savoir davantage sur le drame écologique qui ne cesse de s’étendre en touchant toutes les zones avoisinantes du Golfe du Mexique, découvrira ébahi à quel point les hommes de BP sont concernés par le problème, mais aussi à quel point ils sont sereins. Le logo de BP de qui trône au-dessus des images, dans son beau dégradé de verts, est censé confirmer que la firme anglaise se soucie pleinement d’écologie.

Malheureusement, la réalité est tout autre dans la mesure où les toutes les initiatives n’auront servi à rien depuis le début si ce n’est à gagner du temps au sein de l’opinion populaire.

Le journal Géo consacre un dossier intéressant sur la marée noire. A l’aide de clichés terrifiants, les journalistes présentent les faits sans concessions dans cette affaire qui nous l’espérons devrait à jamais marquer les esprits- non pas celui du capitalisme, car il parait bien impossible qu’il en existe un pour le réguler un jour!

Le serpent de mer constitué à base de dispersant, du Coredit un produit hautement toxique qui permet de constituer des particules à partir du pétrole

Le delta du Mississipi : en rouge la végétation, en gris le pétrole

 

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